04 juin 2026

Mon pays d’eau et de ciel

 

Mon pays d’eau et de ciel

Ici, les frontières s’effacent dans un entre-deux,
Où l’horizon hésite entre reflet et nuage,
De cette incertitude, naquit cet univers sans feu
Qui marie l’onde claire aux brumes de l’orage.

Les étangs portent en leur miroir liquide
Les rêveries éphémères des saisons,
Tandis que le ciel, immense et fluide,
Déverse sa lumière en douces oraisons.

Point de montagnes ici pour troubler la vue,
Seulement cette vastitude qui respire,
Ce dialogue éternel entre l’eau et la nue,
Géographie horizontale où l’âme peut s’élargir.

Tadornes, aigrettes et avocettes
Se souviennent ils de la route du sel ?
Trésor blanc au temps de Cette
Labeurs humains, soleil cruel.

Mon pays d’eau et de ciel ne se conquiert pas,
Il s’apprivoise dans la patience des heures lentes,
Se révèle à qui sait voir sous les frimas
L’infini qui danse sous les lumières changeantes.

Ici, l’homme apprend la modestie des roseaux,
La sagesse des salicornes qui plient sans rompre,
La beauté simple des ciels dans les eaux,
Cette leçon d’équilibre que rien ne peut corrompre.

Territoire de métamorphoses perpétuelles,
Où chaque matin réinvente le paysage,
Mon pays d’eau et de ciel garde ses merveilles
Pour qui sait lire dans ses mirages.

Eric Levreux

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